Après un parcours formateur au sein d’agences reconnues, Mélaine Ferré décide de fonder la sarl mfa en 2012 à Nantes. Ayant à cœur la place des usagers, les fondamentaux de l’agence sont de proposer une stratégie pertinente pour chaque programme, d’être à l’écoute du contexte pour tisser le fil rouge du projet, et d’anticiper les besoins futurs pour apporter une réponse durable.

Conscient de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures, nous sommes attentifs à l’impact global de chaque projet. C’est ainsi, que nos recherches portent sur les sujets suivants : principes bioclimatiques, structures bois ou préfabriqués, low-tech - sobriété d’entretien, choix d’énergies renouvelables, maitrise de l’impact carbone, et partenariats locaux. Ces remises en question régulières des habitudes de construction et des contraintes réglementaires servent la qualité du projet.

L’agence est désignée lauréat à plusieurs reprises : Prix W 2012, Europan 2013, Algeco 2016, Jeunes Architectes et Paysagistes Ligériens 2016 et 1er Prix National de la Construction Bois 2016. Le développement de l’agence continue autour d’un panel d’échelles : de la maison à l’ilot, d’une variété de programmes : logement, urbanisme, tertiaire et équipements, et de mutations diverses du bati : réhabilitations, transition énergétique.




L’histoire du développement d’un projet n’est pas continue mais discontinue comme toutes chronologies.
Ce sont ces ruptures, ces à-coups qui donnent à développer des projets riches de sens.
L’architecte n’est pas celui qui dessine un projet figé mais, comme une éponge, il absorbe et restitue une vision évolutive.

Réinterpréter le contexte de la grande à la petite histoire pour tisser le fil rouge du projet. Ancré dans notre culture du mot-clef, le projet architectural est travaillé par images-clefs. Celles-ci remettent le projet en question par des apports poétiques et le nourrissent tout au long de son développement. L’architecture remet en perspective le contenant (le bâtiment), son contenu et son contexte; elle donne du sens, du goût à ce qui n’était à l’origine qu’une équation de surfaces et de coûts. Ce travail passe par une écoute attentive du lieu (reconnaissance des trames végétales ou bâties) et des utilisateurs (découvertes de caractères et de pratiques). De ceux-ci émergent des symboles, mis en résonnance à d’autres références culturelles, auxquelles ils se rattachent. Le projet, « fabrique du souvenir » et « fabrique de forme », participe à la sédimentation de l’histoire.

Prospecter, anticiper et apporter une réponse durable. Dans une authentique démarche de développement durable, de nouvelles fondations sont à construire. Le bâtiment n’est qu’un maillon d’un éco-système qui le dépasse : le lieu, le temps et la fonction.
Le lieu.
En prenant en compte le site (matériau, orientation, topographie), le bâtiment s’ajuste peu à peu à celui-ci. Le projet est imaginé comme le pansement d’un territoire plus large. Les matériaux locaux sont favorisés, en fonction de la balance entre les énergies grises (production), et les énergies consommées (transport).
Le temps.
Par l’architecture, les contraintes actuelles (compétences des entreprises, moyens de la maîtrise d’ouvrage) sont inscrites dans un cycle de vie global. L’histoire des lieux est réemployée pour broder avec celle-ci. Par sa conception durable, le bâtiment inspire également la suite : espaces intermédiaires, futures extensions possibles.
La fonction.
Selon les nécessités de l’utilisateur, les choix sont uniques : par exemple, système lourd de type passif ou système léger de type bio-climatique. Ce travail privilégie le low-tech, par un détournement de technologies reconnus pour mieux servir une mise en oeuvre économe.

Proposer une stratégie et une mise-en-forme pertinente. Le projet architectural intègre les questionnements liés aux domaines connexes. Si l’architecture dépend de l’urbanisme, l’urbanisme dépend de la mobilité, la mobilité dépend de l’économie, l’économie de la sociologie. Le projet apporte une plus-value aux niveaux : urbain, économique et sociétal, il est d’abord une stratégie de développement.
Suivant le précepte de Cicéron « Le visage est l’image de l’âme », cette stratégie doit donc proposer un visage pertinent aux yeux de tous. Conscient de la charge symbolique des formes architecturales (pour un enfant, sa maison se résume au stéréotype : toiture à double pente, fenêtres et porte), architecture-icône, le projet assume ou transgresse, mais privilégie toujours un aspect brut, laissant apparaître les forces internes du bâtiment (structure et réseaux). Le rapport physique de l’usager au bâtiment (poignées et main-courante y participent), architecture-sensation, est également assumé, avec le choix de privilégier l’artisanat plus que l’industriel.